Et si par la hâte ingénue, fléau de tous les hommes, le c½ur du vertueux amoureux, se changeait en une haine destructrice ? Une haine affligeant l'âme du plus courageux des hommes depuis des générations, jours après jours, nuits après nuits, semaines après semaines, tout aussi loin que remonte ses vies, larmoyantes et absolue piété, chancelantes de femmes en femmes, d'amours perdus en étreintes charnelles. Un dernier regard sur la pâleur de son visage, il n'avait pas prévu la fin de l'histoire.
« Mon c½ur jusqu'à présent a-il-aimé ?
Jurez que non, mes yeux,
Car jamais avant cette nuit je n'avais vu la vraie beauté. »
Armes en mains, s'en allant venger sa douce aimée, son c½ur emmuré dans une épaisse tombe de granit. Ici repose le souvenir d'un amour promis devant l'éternel. Et si par la grâce de Dieu, si pure soit elle, le monde vient à découvrir la vérité sur ce funeste conte, l'étroite sagesse des hommes n'en serait que troublée. Une danse frénétique dans un élan de bravoure psychotique, un dernier baiser sur ses lèvres charnues, vierges d'un quelconque affront. Un dernier regard dans ses yeux profond, seuls témoins d'un utopique futur de fusion de leur âme. Une dernière étreinte, si douce soit elle, bien qu'un peu sensuelle et érotique, la tenir dans ses bras et rêver à un avenir. Arrive le moment fatidique, bien qu'un peu critique, de la mort.
« Pourquoi cet amour querelleur, cette haine amoureuse, ce tout créé d'un rien, cette pesante légèreté, cette vanité sérieuse, cette innommable chaos des plus aimables formes... »
Deux corps vides d'essences, contemplant le monde avec un sourire ironique de jeunes amants immaculés de pureté innocente. Eux avait compris les facéties de la vie, si jeunes soit ils. Ils avaient touchés à l'éternel de leurs yeux d'enfants. Un accès illimité à la célérité grandissante de deux c½urs en émoi, battant à l'unisson, déjouant les obstacles des jalousies et de la haine déchirante. Triste épisode, la fin d'une existence, appelée à devenir plus grande encore. Demeurant là sans bouger, sans vie, les deux amants atteignent les cieux, demeure éternelle de leur véritable amour.
« J'ai acheté la demeure d'un amour mais je n'en est pas encore pris possession, et je suis moi-même acquise sans encore en jouir. »
Amour et Haine, fratrie attisant les plus vives contemplations, singulières, dévotions, soumissions, destructions. Série de mots échangés, lancés en pâture à ceux qui ne peuvent rêver. Aimer n'est qu'un mot tout comme la haine. Pourtant, il nous est donné de constater que l'homme rejoint parfois ces deux sentiments, la haine engendre l'amour ou inversement. Créant les boulversements les plus innomables dans les c½urs d'enfants.
« Mon unique amour a jailli de mon unique haine, je l'ai connu trop tard et vu trop tôt sans le connaître vraiment, prodigieux amour auquel je viens de naître qui m'impose d'aimer un ennemi détesté. »
paf's production (sauf pour le rose... shakespeare)